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chansons / poèmes

Concours international :

"J’ai deux amours… ma ville et Paris"

organisé par la FIPF en partenariat avec la Ville de Paris

Chansons sur Paris

Paroles et interprète : Marc Lavoine
Musique : Fabrice Aboulker

Paris

Je marche dans tes rues
Qui me marchent sur les pieds
Je bois dans tes cafés

Je traîne dans tes métros
Tes trottoirs m'aiment un peu trop
Je rêve dans tes bistrots

Je m'assoie sur tes bancs
Je regarde tes monuments
Je trinque à la santé de tes amants

Je laisse couler ta seine
Sous tes ponts ta rengaine
Toujours après la peine

Je pleure dans tes taxis
Quand tu brilles sous la pluie
C'que t'es belle en pleine nuit

Je pisse dans tes caniveaux
C'est d'la faute à Hugo
Et j'picolle en argot

Je dors dans tes hôtels
J'adore ta tour Eiffel
Au moins elle, elle est fidèle

Quand j'te quitte un peu loin
Tu ressembles au chagrin
Ça m'fait un mal de chien

Paris Paris combien
Paris tout c'que tu veux
Boul'vard des bouleversés
Paris tu m'as renversé
Paris tu m'as laissé

Paris Paris combien
Paris tout c'que tu veux
Paris Paris tenu

Paris Paris perdu
Paris tu m'as laissé
Sur ton pavé

J'me réveille dans tes bras
Sur tes quais y a d'la joie
Et des loups dans tes bois

J'me glisse dans tes cinés
J'me perds dans ton quartier
Je m'y retrouverai jamais

Je nage au fil de tes gares
Et mon regard s'égare
J'vois passer des cafards sur tes bars

J'm'accroche aux réverbères
Tes pigeons manquent pas d'air
Et moi de quoi j'ai l'air

Paris Paris combien
Paris tout c'que tu veux
Boul'vard des bouleversés
Paris tu m'as renversé
Paris tu m'as laissé

Paris Paris combien
Paris tout c'que tu veux
Paris Paris tenu
Paris Paris perdu
Paris tu m'as laissé
Sur ton pavé

Je marche dans tes rues
Qui me marchent sur les pieds
Je bois dans tes cafés

Je traîne dans tes métros
Tes trottoirs m'aiment un peu trop
Je rêve dans tes bistrots

Francis Lemarque

Paris La chanson

· Paris
Quand un amour fleurit
Ça fait pendant des semaines
Deux cours qui se sourient
Tout ça parce qu’ils s’aiment
· Paris
Au printemps
Sur les toits les girouettes
Tournent et font les coquettes
Avec le premier vent
Qui passe indifférent
Nonchalant
Car le vent
Quand il vient à Paris
N’a plus qu’un seul souci
C’est d’aller musarder
Dans tous les beaux quartiers
De Paris
Le soleil
Qui est son vieux copain
Est aussi de la fête
Et comme deux collégiens
Ils s’en vont en goguette
Dans Paris
Et la main dans la main
Ils vont sans se frapper
Regardant en chemin
Si Paris a changé
Y’a toujours
Des taxis en maraude
Qui vous chargent en fraude
Avant le stationnement
Où y’a encore l’agent
Des taxis
Au café
On voit n’importe qui
Qui boit n’importe quoi
Qui parle avec ses mains
Qu’est là depuis le matin
Au café
Y’a la Seine
· n’importe quelle heure
Elle a ses visiteurs
Qui la regardent dans les yeux
Ce sont ses amoureux
· la Seine
Et y’a ceux
Ceux qui ont fait leur nid
Près du lit de la Seine
Et qui se lavent à midi
Tous les jours de la semaine
Dans la Seine
Et les autres
Ceux qui en ont assez
Parce qu’ils en ont vu de trop
Et qui veulent oublier
Alors y se jettent à l’eau
Mais la Seine
Elle préfère
Voir les jolis bateaux
Se promener sur elle
Et au fil de son eau
Jouer aux caravelles
Sur la Seine
Les ennuis
Y’en a pas qu’à Paris
Y’en a dans le monde entier
Oui mais dans le monde entier
Y’a pas partout Paris
V’là l’ennui
· Paris
Au quatorze juillet
· la lueur des lampions
On danse sans arrêt
Au son de l’accordéon
Dans les rues
Depuis qu’à Paris
On a pris la Bastille
Dans tous les faubourgs
Et à chaque carrefour
Il y a des gars
Et il y a des filles
Qui sur les pavés
Sans arrêt nuit et jour
Font des tours et des tours
· Paris...

Paroles : Jean Rodor
Musique : Vincent Scotto
1914
Interprètes : Georgel, Aimé Doniat, Maurice Chevalier

Sous les ponts de Paris

Pour aller à Suresnes
Ou bien à Charenton,
Tout le long de la Seine,
On passe sous les ponts.
Pendant le jour, suivant son cours,
Tout Paris en bateau défile,
L'coeur plein d'entrain, ça va, ça vient,
Mais l'soir, lorsque tout dort tranquille.

Sous les ponts de Paris,
Lorsque descend la nuit,
Tout's sort's de gueux se faufil'nt en cachette
Et sont heureux de trouver une couchette
"Hotel du courant d'air",
Où l'on ne pays pas cher,
L'parfum et l'eau c'est pour rien, mon Marquis.
Sous les ponts de Paris.

À la sortie d'l'usine,
Julot rencontr' Nini,
Ça va-t-il, la rouquine,
C'est ta fête aujourd'hui.
Prends ce bouquet, quelqu's brins d'muguet,
C'est peu mais c'est tout' ma fortune,
Viens avec moi, j'connais l'endroit
Où l'on n'craint mêm' pas l'clair de lune.

Sous les ponts de Paris,
Lorsque descend la nuit,
Comme il n'a pas d'quoi s'payer une chambrette,
Un couple heureux vient s'aimer en cachette
Et les yeux dans les yeux
Faisant des rêves bleus
Julot partage les baisers de Nini
Sous les ponts de Paris.

Rongé par la misère,
Chassé de son logis,
L'on voit un' pauvre mère
Avec ses trois petits.
Sur le chemin, sans feu ni pain,
Ils subiront leur sort atroce.
Bientôt la nuit, la maman dit:
"Enfin ils vont dormis mes gosses."

Sous les ponts de Paris,
Lorsque descend la nuit,
Viennent dormir là tout près de la Seine
Dans la sommeil ils oublieront leur peine
Si l'on aidait un peu
Tous les vrais miséreux
Plus de suicid's ni de crimes dans la nuit
Sous les ponts de Paris.

Interprète : Jacques Dutronc
Paroles : Jacques Lanzmann

Il est cinq heure, Paris s'éveille

Je suis l'dauphin d'la place Dauphine
Et la place Blanche a mauvaise mine
Les camions sont pleins de lait
Les balayeurs sont pleins d'balais

Il est cinq heures
Paris s'éveille
Paris s'éveille

Les travestis vont se raser
Les stripteaseuses sont rhabillées
Les traversins sont écrasés
Les amoureux sont fatigués

Il est cinq heures
Paris s'éveille
Paris s'éveille

Le café est dans les tasses
Les cafés nettoient leurs glaces
Et sur le boulevard Montparnasse
La gare n'est plus qu'une carcasse

Il est cinq heures
Paris s'éveille
Paris s'éveille

Les banlieusards sont dans les gares
A la Villette on tranche le lard
Paris by night, regagne les cars
Les boulangers font des bâtards

Il est cinq heures
Paris s'éveille
Paris s'éveille

La tour Eiffel a froid aux pieds
L'Arc de Triomphe est ranimé
Et l'Obélisque est bien dressé
Entre la nuit et la journée

Il est cinq heures
Paris s'éveille
Paris s'éveille

Les journaux sont imprimés
Les ouvriers sont déprimés
Les gens se lèvent, ils sont brimés
C'est l'heure où je vais me coucher

Il est cinq heures
Paris se lève
Il est cinq heures
Je n'ai pas sommeil

Paris

Par Tryo

Faut qu'ils s'activent
Pour qu'on qu'on qu'on s'cultive

Paris ! lieu de culture et de vie
Ville lumière que tout le monde nous envie
Vise un peu le prix de ta sortie
Sûr que c'est pas les banlieues qui s'cultivent à Paris

Paris ! lieu de culture et de vie
Deux cents balles le concert et trente le demi.
Si tu veux moins cher, reste devant l'Juste Prix
Tu pourras te distraire et passer ton ennui

Paris ! lieu de culte et de pognon
Où tous les bons artistes viennent vivre leurs ambitions
On aligne les fûts de bière on oublie les cachetons
Y a tellement d'monde derrière qu'il faut jouer de toutes façons

Paris ! lieu mythique de la musique
Trois cents salles de concert, deux millions d'gens pour le public
Avec ça y a de de quoi faire dans l'arnaque artistique
Et les artistes se laissent faire, j'te parle même pas du public

Faut qu'ils s'activent
Pour qu'on qu'on qu'on s'cultive

Oh Paris ! Et toutes ses boîtes de nuit
Tout l'monde rêve d'y aller au moins une fois dans sa vie
Danser sous la terre sur les nouvelle technologies
Et casquer la bouteille pour épater les amis

Paris ! Avec ses discothèques où on t'mate à l'entrée
Des pieds jusqu'à la tête
T'as interêt à avoir d'l'a monnaie si t'as la tête du métèque
Conseil si tu viens d'la cité ne viens pas en baskets

Faut qu'ils s'activent
Pour qu'on qu'on qu'on s'cultive

Paris ! Et ses nombreux cinémas
Ecrans géants Dolby et tout l'tralala
Quand tu vois l'prix du yébi tu comprends mieux pourquoi
Nagui et ses amis font un audimat comme ça !

Paris ! Et sa superbe mairie qui n'entendra jamais
Tout c'que j'viens d'vous chanter
Tibéri et Chirac, son vieil ami
Sont occupés à de biens vastes projets

Faut qu'ils s'activent
Pour qu'on qu'on qu'on s'cultive

Poèmes sur Paris

Sonnet : Que j'aime le premier frisson d'hiver…

Que j'aime le premier frisson d'hiver ! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer !
Quand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s'éveille le foyer ;

C'est le temps de la ville. - Oh ! lorsque l'an dernier,
J'y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
(J'entends encore au vent les postillons crier),

Que j'aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine
Sous ses mille falots assise en souveraine !
J'allais revoir l'hiver. - Et toi, ma vie, et toi !

Oh ! dans tes longs regards j'allais tremper mon âme
Je saluais tes murs. - Car, qui m'eût dit, madame,
Que votre coeur sitôt avait changé pour moi ?

(Alfred de MUSSET - 1810-1857)
(Recueil : Premières poésies)

PARIS

Où fait-il bon même au cœur de l'orage
Où fait-il clair même au cœur de la nuit
L'air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l'espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits

Jamais éteint renaissant dans sa braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu'au Père Lachaise
Ce doux rosier au mois d'août refleuri
Gens de partout c'est le sang de Paris

Rien n'a l'éclat de Paris dans la poudre
Rien n'est si pur que son front d'insurgé
Rien n'est si fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n'est si beau que ce Paris que j'ai

Rien ne m'a fait jamais battre le cœur
Rien ne m'a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n'est si grand qu'un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré

(Louis ARAGON, né en 1897)

PARIS

O Paris, ville ouverte
Ainsi qu'une blessure,
Que n'es-tu devenue
De la campagne verte.

Te voilà regardée
Par des yeux ennemis,
De nouvelles oreilles
Écoutent nos vieux bruits.

La Seine est surveillée
Comme du haut d'un puits
Et ses eaux jour et nuit
Coulent emprisonnées.

Tous les siècles français
Si bien pris dans la pierre
Vont-ils pas nous quitter
Dans leur grande colère ?

L'ombre est lourde de têtes
D'un pays étranger.
Voulant rester secrète
Au milieu du danger

S'éteint quelque merveille
Qui préfère mourir
Pour ne pas nous trahir
En demeurant pareille.

( Jules SUPERVIELLE, 1884-1960)

Paris et la Seine

Toi, Seine, tu n'as rien. Deux quais, et voilà tout,
Deux quais crasseux, semés de l'un à l'autre bout
D'affreux bouquins moisis et d'une foule insigne
Qui fait dans l'eau des ronds et qui pêche à la ligne
Oui, mais quand vient le soir, raréfiant enfin
Les passants alourdis de sommeil et de faim,
Et que le couchant met au ciel des taches rouges,
Qu'il fait bon aux rêveurs descendre de leurs bouges
Et, s'accoudant au pont de la Cité, devant
Notre-Dame, songer, cœur et cheveux au vent !
Les nuages, chassés par la brise nocturne,
Courent, cuivreux et roux, dans l'azur taciturne ;
Sur la tête d'un roi du portail, le soleil,
Au moment de mourir, pose un baiser vermeil.
L'hirondelle s'enfuit à l'approche de l'ombre
Et l'on voit voleter la chauve-souris sombre.
Tout bruit s'apaise autour. A peine un vague son
Dit que la ville est là qui chante sa chanson.

(Paul Verlaine)

Sur Paris

Un amas confus de maisons
Des crottes dans toutes les rues
Ponts, églises, palais, prisons
Boutiques bien ou mal pourvues

Force gens noirs, blancs, roux, grisons
Des prudes, des filles perdues,
Des meurtres et des trahisons
Des gens de plume aux mains crochues

Maint poudré qui n'a pas d'argent
Maint filou qui craint le sergent
Maint fanfaron qui toujours tremble,

Pages, laquais, voleurs de nuit,
Carrosses, chevaux et grand bruit
Voilà Paris que vous en semble ?

(Paul Scarron, 1610-1660)